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Conseils — Douleur complexe

Algodystrophie : quand la douleur s'emballe

Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Lecture 4 min

Une réaction exagérée à une blessure

L'algodystrophie — aujourd'hui appelée syndrome douloureux régional complexe (SDRC) — est une réaction douloureuse disproportionnée qui survient parfois après une blessure, une chirurgie ou une immobilisation (poignet, cheville…). La zone devient très douloureuse, gonflée, avec des changements de couleur, de température, de transpiration ou de peau, et une raideur. C'est déroutant et éprouvant — mais c'est connu, pris en charge, et le plus souvent d'évolution favorable, surtout quand on agit tôt.

Les idées reçues

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« Il faut immobiliser et ne surtout pas y toucher. » C'est l'inverse : l'immobilisation aggrave. On cherche au contraire à remettre en mouvement, en douceur et progressivement.

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« C'est dans la tête. » Non : c'est un trouble réel du traitement de la douleur par le système nerveux (une « alarme » déréglée). Ça se rééduque.

Ce que dit la science (à jour)

La prise en charge est pluridisciplinaire et repose sur la mobilisation active précoce (éviter l'immobilité), la gestion de la douleur, et des approches qui « recalibrent » le cerveau : l'imagerie motrice graduée (reconnaître droite/gauche, imaginer des mouvements) et la thérapie miroir ont des données de bonne qualité pour réduire la douleur et améliorer la fonction. Plus on commence tôt, mieux c'est.

Quoi faire, concrètement

1

Bougez le membre en douceur, dans le tolérable, sans le laisser « au repos ». On désensibilise progressivement (toucher différentes textures).

2

Imagerie motrice & thérapie miroir, guidées par un professionnel : elles réapprennent au cerveau à bouger sans « alarme ».

3

Une équipe autour de vous (médecin, kiné, parfois traitement de la douleur) : le SDRC se gère à plusieurs, avec de la patience.

🚩 Quand consulter

Douleur disproportionnée par rapport à la blessure, qui s'accompagne de gonflement et de changements de la peau/température/couleur : parlez-en rapidement à votre médecin. Une prise en charge précoce améliore nettement le pronostic.

Une alarme de la douleur qui s'est déréglée n'est pas une fatalité. On la recalibre — en bougeant, tôt, accompagné.

Une douleur qui s'est emballée après une blessure ?

On remet en mouvement en douceur et on recalibre l'alarme, avec les bonnes approches.

Article à visée informative et de prévention. Il ne remplace pas une consultation.