Conseils — Golf
Golf : jouer sans réveiller son dos ni son coude
Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Lecture 4 min
Un geste répété des centaines de fois
Le golf a une image de sport « tranquille », mais le swing est un mouvement puissant, asymétrique et très répété : rotation violente du tronc, contrainte sur le bas du dos, sollicitation du coude et de l'épaule. Ajoutez le practice pendant des heures et les positions penchées sur le green, et on comprend les 3 douleurs stars du golfeur : le bas du dos, le coude (golfer's elbow) et l'épaule. Toutes évitables avec un peu de préparation.
Les idées reçues
« Le golf, ce n'est pas assez physique pour se blesser. » Faux. La répétition du swing est une vraie contrainte mécanique. Le volume, plus que l'intensité, fait les blessures.
« Mon coude fait mal, je change de club et ça passera. » Le matériel aide, mais l'épicondylite vient surtout d'un tendon surchargé. Sans renforcement, ça revient.
« Pas besoin de m'échauffer, je tape juste quelques balles. » C'est justement là que ça casse. Attaquer un practice « à froid » surcharge le dos et les tendons d'entrée.
Jouer longtemps sans casse
Échauffez le tronc et les épaules. Quelques rotations, des swings à vide progressifs, de plus en plus amples. Le corps chaud absorbe mieux le geste.
Travaillez la mobilité en rotation. Hanches et haut du dos souples = moins de contrainte sur les lombaires. C'est le meilleur cadeau à faire à votre dos de golfeur.
Renforcez avant-bras, épaules et gainage. Un tendon du coude solide et un tronc gainé encaissent le swing sans broncher. C'est la vraie prévention.
Dosez le volume au practice. Augmentez le nombre de balles progressivement. Les grosses sessions soudaines sont la cause n°1 des tendinites du golfeur.
🚩 Quand consulter
Douleur de coude, d'épaule ou de dos qui revient à chaque partie, qui persiste après le jeu ou qui vous fait modifier votre swing : un bilan ciblé permet de traiter la cause et de sécuriser votre saison.
Le golf ne s'arrête pas avec l'âge. Il s'arrête quand on ne prépare plus son corps à swinguer.