Programme · Golf / prévention

Swinguer sans se blesser

Le programme de prévention sur 6 semaines pour protéger les 3 zones du golfeur : le bas du dos, le coude et l'épaule : mobilité, gainage et renforcement.

  • Un plan clair, semaine par semaine, tout écrit.
  • Exercices illustrés : rotation, gainage, avant-bras.
  • L'échauffement d'avant-partie + le dosage du practice.
Acheter le programme · 19 € PDF téléchargeable · paiement sécurisé

Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Diplômé d'État · Kiné du Sport Expert

Rotation du tronc (mobilité thoracique) pour le golf
⚠️ À lire d'abord. Ce programme est un travail de prévention et de renforcement pour golfeurs sans blessure aiguë. En cas de douleur installée (dos, coude, épaule), traitez d'abord la blessure : voyez le programme dédié ou consultez.

Pourquoi le golf blesse (et comment l'éviter)

Le swing est un mouvement puissant, très rapide et répété des centaines de fois : forte rotation du tronc, contrainte sur le bas du dos, sollicitation du coude et de l'épaule. La blessure vient surtout du volume (practice à rallonge) sur un corps mal préparé. La parade : de la mobilité en rotation (hanches et haut du dos), un tronc gainé et des avant-bras solides.

La boussole : le « feu tricolore »

🔥 L'échauffement d'avant-partie (8 min)

1

Marche rapide : 3 min. Faites monter le cœur et réchauffez le corps avant de tourner.

2

Rotations du tronc : 10 par côté. Bras croisés sur la poitrine, tournez le buste de gauche à droite, hanches stables.

3

Swings à vide : 10, progressifs. Commencez court et lent, amplifiez petit à petit. Jamais un grand swing à froid.

✅ Tronc chaud, épaules mobiles : au départ.

🧭 Votre auto-bilan de départ (2 min)

Trois repères pour cibler ce qui vous fragilise au swing.

1. Où ça coince ?

Bas du dos (la rotation du swing), coude (« golfer's elbow »), épaule → on renforce en priorité la zone concernée.

2. Votre volume de jeu ?

Un seau de balles de temps en temps ou plusieurs parcours/semaine → on ajuste le renfo et la récupération.

3. Un dos raide en rotation ?

Si tourner le tronc est limité, la priorité est la mobilité du tronc + le gainage : un dos souple et gainé encaisse le swing.

🔄 Mis à jour 2026.

🧭 Comment marche ce programme (lisez ceci d'abord)

Vous allez lire « semaines 1 & 2 », « semaines 3 & 4 ». Ces semaines sont une carte, pas un compte à rebours. C'est le point le plus important de toute cette page, alors autant le dire tout de suite.

Deux golfeurs qui commencent le même jour n'arrivent pas au même endroit à la même date. L'un tournera correctement le buste au bout de dix jours ; l'autre, qui passe ses journées assis derrière un bureau depuis vingt ans, mettra six semaines rien que pour ça, et il n'est pas en retard. Un programme qui vous impose un calendrier vous met forcément dans l'une des deux cases : soit il vous fait patienter alors que vous êtes prêt, soit il vous fait charger un corps qui ne l'est pas encore. La deuxième option, c'est celle qui vous met sur ma table.

Ici, la règle est simple : on avance quand le niveau est acquis, pas quand la semaine est finie. Chaque bloc se termine par un objectif concret. Tant qu'il n'est pas atteint, vous restez, même si « ça fait déjà trois semaines ». Dès qu'il l'est, vous passez au suivant, même si « ça ne fait que huit jours ». Et personne ne vous interdit de garder un exercice du bloc précédent : ici, on empile, on ne remplace pas.

Votre séance, en pratique

  • 📅 Combien de fois ? 2 à 3 fois par semaine, en plus de votre golf, pas à la place. Seule exception : les exercices de mobilité (bloc 1) sont assez courts et assez doux pour être faits tous les jours si vous le voulez.
  • ⏱️ Combien de temps ? 15 à 20 min pour le bloc mobilité, 20 à 30 min quand le renforcement et les sauts s'ajoutent. Si votre séance dure une heure, vous ne la ferez pas trois fois par semaine. Et une séance faite vaut mieux qu'une séance parfaite imaginée.
  • 🔥 L'échauffement d'avant-partie ne compte pas comme une séance. C'est un geste à part, à faire avant chaque practice et chaque parcours, y compris les jours où vous n'avez rien d'autre.
  • 🚦 Comment je sais que j'avance ? Vous refaites votre auto-bilan (les 3 repères plus haut) toutes les 2 semaines, pas tous les jours. Un corps ne change pas en 48 h, et se re-tester en permanence ne fait que vous décourager.

💡 Le repère qui vaut tous les calendriers : une gêne pendant l'exercice qui reste faible (≤ 3/10) et qui a disparu le lendemain matin = vous êtes au bon dosage, continuez. Une gêne qui vous réveille la nuit ou qui est encore là au réveil = vous êtes allé trop loin, revenez d'un cran. C'est le feu tricolore du début de page, et c'est votre boussole de tous les jours.

Le programme, semaine par semaine

Semaines 1 & 2

Gagner en mobilité de rotation

Rotation du tronc debout Chat-vache : mobilité de la colonne

Votre swing tourne autour d'un axe : votre tronc. S'il ne tourne pas, quelque chose tournera à sa place, et ce quelque chose, ce sont vos lombaires (les vertèbres du bas du dos, celles qui font le creux au-dessus des fesses). On commence donc par récupérer de la rotation là où elle est faite pour se produire : le haut du dos.

1️⃣ La rotation du tronc, l'exercice de base

Objectif : redonner de l'amplitude de rotation au haut du dos, pour que le bas du dos n'ait plus à compenser.

  1. Position : debout, pieds écartés de la largeur des hanches, genoux très légèrement fléchis. Bras croisés sur la poitrine, chaque main sur l'épaule opposée. Tenez-vous grand : le sommet du crâne pousse vers le plafond.
  2. Le mouvement : tournez le buste d'un côté lentement, en gardant les hanches et les genoux face à l'avant. Ce sont vos épaules qui partent, pas votre bassin. Allez jusqu'à sentir la limite (celle où il faudrait tricher pour aller plus loin) et arrêtez-vous là.
  3. Le détail qui change tout : suivez votre épaule du regard. Les yeux entraînent la tête, la tête entraîne le thorax. Vous gagnerez de l'amplitude sans rien forcer.
  4. Le retour : revenez au centre, puis partez de l'autre côté. Comptez 2 secondes pour aller, 2 pour revenir. Respirez : soufflez au moment où vous tournez.

📋 Dose : 3 séries de 10 par côté. Tous les jours si vous voulez. C'est de la mobilité, pas de la charge : il n'y a rien à récupérer.

Ce que vous devez sentir : une tension diffuse qui s'ouvre entre les omoplates et le long des côtes, et rien du tout dans le bas du dos. Au bout de quelques séries, vous devez pouvoir tourner un peu plus loin qu'au début, c'est normal et c'est le but.

🚫 L'erreur classique : tourner tout le corps d'un bloc. Le pied arrière pivote, le genou suit, le bassin part avec, et vous avez l'impression de tourner à 90°. Vous n'avez rien mobilisé du tout : vous avez juste déplacé le problème. Si vos hanches bougent, l'exercice n'existe plus. Un truc simple : posez-vous dos à un mur, fesses en contact, et gardez-les collées pendant tout l'exercice.

2️⃣ Le chat-vache, pour dérouiller la colonne

Objectif : redonner du mouvement à chaque étage de la colonne, dans le sens avant-arrière. Le complément indispensable de la rotation.

  1. Position : à quatre pattes. Mains sous les épaules, genoux sous les hanches : vérifiez-le, c'est ce qui fait la différence entre un bon chat-vache et une séance de mal de poignets. Dos plat pour commencer.
  2. Le mouvement, premier temps (« le chat ») : arrondissez le dos vers le plafond en rentrant le menton vers la poitrine et le nombril vers la colonne. Poussez le sol avec vos mains. Soufflez pendant ce temps-là.
  3. Le mouvement, deuxième temps (« la vache ») : creusez le dos doucement, le ventre descend vers le sol, la poitrine s'ouvre, le regard monte légèrement. Inspirez. Ne forcez jamais la nuque en arrière : la tête suit, elle ne mène pas.
  4. Le rythme : lent. Un aller-retour complet prend une bonne dizaine de secondes. Vous cherchez à sentir le mouvement se propager vertèbre après vertèbre, pas à faire du sport.

📋 Dose : 10 allers-retours, tous les jours. Idéal le matin, ou juste avant l'échauffement d'avant-partie.

Ce que vous devez sentir : un dos qui « s'huile » progressivement, et le mouvement qui devient plus ample au fil des répétitions. C'est un exercice qui doit faire du bien, jamais mal.

🚫 L'erreur classique : aller vite, et ne bouger que le bas du dos en laissant le haut figé. C'est exactement l'inverse de ce qu'on cherche : la zone raide chez le golfeur, c'est le haut. Ralentissez et concentrez-vous sur la région entre les omoplates.

  • ☐ Échauffement avant chaque practice/partie · ☐ Mobilité chaque jour
  • Ne montez pas le nombre de balles brutalement

🎯 Objectif fin S2 : tronc plus mobile, moins de raideur après le jeu.

Semaines 3 & 4

Gainer le tronc (protéger le dos)

Bird-dog : gainage anti-rotation Pont fessier

🧱 « Gainage », « anti-rotation » : c'est quoi, exactement ?

Ces deux mots sont dans toutes les bouches et personne ne prend jamais la peine de vous les expliquer. Ils sont pourtant au cœur de ce bloc, alors déplions-les.

Le gainage, ce n'est pas « faire la planche ». C'est la capacité de votre tronc (tout le tube entre vos côtes et votre bassin) à rester solide et immobile pendant que vos bras et vos jambes, eux, bougent. Ce n'est pas un exercice, c'est une qualité. La planche n'est qu'une façon (assez pauvre, d'ailleurs) de la travailler.

Pourquoi ça compte au golf

Votre swing est une rotation violente autour de votre tronc. Si ce tronc est ferme, il transmet : la puissance des jambes remonte jusqu'au club sans se perdre. S'il est mou, il absorbe, et l'énergie se dissipe quelque part, souvent dans le bas du dos.

Et « anti-rotation » ?

C'est l'idée qui surprend tout le monde : on ne s'entraîne pas à tourner, on s'entraîne à résister à la rotation. Le corps vous pousse à pivoter, et votre travail est de ne pas céder. C'est exactement ce que fait votre tronc à l'impact.

🎯 Ce qu'il faut retenir, et là je reste honnête avec vous : je viens de vous expliquer plus haut que le tronc moins endurant des golfeurs douloureux est probablement une conséquence de la douleur, pas sa cause. Je ne vais donc pas vous vendre le gainage comme un vaccin contre le mal de dos. On le travaille parce qu'un tronc solide transmet mieux la puissance, parce que c'est gratuit et sans risque, et parce qu'un corps plus capable encaisse mieux tout ce qu'on lui demande. C'est déjà beaucoup. Ce n'est pas une garantie.

1️⃣ Le bird-dog, le roi du gainage anti-rotation

Objectif : apprendre au tronc à rester parfaitement stable pendant que les membres bougent. Exactement ce qu'on lui demande pendant le swing.

  1. Position : à quatre pattes, mains sous les épaules, genoux sous les hanches. Dos plat, comme une table. Le repère de pro : imaginez un verre d'eau posé au milieu de votre dos. Il ne doit pas se renverser. Pas une goutte.
  2. Le mouvement : tendez le bras droit devant et la jambe gauche derrière : bras et jambe opposés, en même temps, lentement. Allez chercher loin : le talon pousse vers le mur du fond, les doigts vers le mur d'en face. Vous vous allongez, vous ne vous levez pas.
  3. Le temps de maintien : tenez 3 à 5 secondes sans bouger. Pendant ce temps, le muscle force alors que rien ne bouge : c'est ce qu'on appelle une contraction isométrique. C'est là qu'est tout le travail.
  4. Le retour : revenez lentement, reposez main et genou, puis changez de côté. Une répétition = un côté.

📋 Dose : 3 séries de 8 par côté, 2 à 3 fois par semaine.

Ce que vous devez sentir : une fesse qui brûle du côté de la jambe tendue, et le ventre qui travaille en profondeur pour vous empêcher de basculer. Cette lutte discrète pour ne pas partir sur le côté, c'est ça, l'exercice, pas le fait de lever un bras.

🚫 L'erreur classique : monter la jambe trop haut. Le dos se creuse, le bassin s'ouvre sur le côté, et vous avez fait un mouvement de hanche à la place d'un exercice de gainage. La jambe ne monte jamais plus haut que la fesse. Moins haut et stable bat plus haut et bancal. Toujours. Si vous doutez, filmez-vous de côté avec votre téléphone : c'est sans appel.

2️⃣ Le pont fessier, le moteur qu'on oublie

Objectif : renforcer les fessiers, qui produisent une grande part de la puissance du swing et soulagent d'autant le bas du dos.

  1. Position : allongé sur le dos, genoux pliés, pieds à plat au sol, écartés de la largeur des hanches, talons assez proches des fesses (à peu près à une main de distance). Bras le long du corps.
  2. Le mouvement : serrez les fessiers d'abord, et ensuite seulement montez le bassin. L'ordre n'est pas un détail : c'est ce qui décide quel muscle fait le travail. Poussez dans les talons, pas dans les orteils.
  3. En haut : arrêtez-vous quand vos genoux, hanches et épaules forment une ligne droite. Pas plus haut. Tenez 2 secondes en serrant fort.
  4. Le retour : redescendez lentement, vertèbre par vertèbre, jusqu'à poser complètement. Ne rebondissez pas au sol pour enchaîner.

📋 Dose : 3 séries de 12, 2 à 3 fois par semaine. Quand c'est facile, passez sur une seule jambe (l'autre genou ramené vers la poitrine) : 3 × 8 par côté.

Ce que vous devez sentir : les fesses qui brûlent. Uniquement les fesses.

🚫 L'erreur classique : monter le plus haut possible en creusant le bas du dos, et sentir travailler les cuisses ou les lombaires plutôt que les fessiers. Si vous sentez le bas du dos, vous montez trop haut. Si vous sentez l'arrière des cuisses se crisper, rapprochez vos talons de vos fesses. Un pont fessier où les fessiers ne travaillent pas, c'est juste un abdo raté.

🎯 Objectif fin S4 : tronc gainé, bas du dos qui encaisse mieux.

Semaines 5 & 6

Blinder l'avant-bras & l'épaule

Extension du poignet avec haltère Rotation externe de l'épaule

🎯 Le « golfer's elbow » : c'est quoi, exactement ?

On vous sort ce terme anglais comme si vous étiez censé le connaître. En français, on dit épicondylite médiale, ce qui, avouons-le, n'aide personne. Alors voilà, simplement.

Pliez le bras et touchez l'intérieur de votre coude : vous sentez une petite bosse osseuse, du côté du corps. C'est là que viennent s'attacher, tous ensemble sur un tout petit espace, les tendons des muscles qui plient votre poignet et tournent votre paume vers le bas. Un tendon, c'est la corde qui relie un muscle à l'os.

Quand vous frappez des centaines de balles, cette zone encaisse chaque impact. Trop de volume, trop vite, sur des muscles pas assez costauds : la zone d'attache proteste. Ça donne une douleur à l'intérieur du coude, réveillée quand vous serrez le club, ouvrez un bocal ou portez un sac de courses.

Et le « tennis elbow », alors ?

Même histoire, de l'autre côté : à l'extérieur du coude, là où s'attachent les muscles qui relèvent le poignet. Les noms sont trompeurs : un golfeur peut très bien attraper un « tennis elbow », et c'est même fréquent. C'est pour ça que dans ce bloc, on renforce l'avant-bras dans les deux sens plutôt que de parier sur un seul côté.

⚠️ À ne pas confondre : ce programme prépare un coude sain. Si votre coude est déjà douloureux depuis des semaines, vous n'êtes plus dans la prévention : allez voir le programme coude ou faites-le examiner. Renforcer par-dessus une douleur installée, c'est la meilleure façon de l'installer pour de bon.

1️⃣ Le renforcement du poignet, dans les deux sens

Objectif : rendre l'avant-bras capable d'encaisser des centaines d'impacts de club sans que le coude proteste.

  1. Position : assis, avant-bras posé à plat sur votre cuisse ou sur une table, paume vers le sol. Seuls la main et le poignet dépassent dans le vide. Un petit poids dans la main (une haltère légère, une bouteille d'eau, un marteau tenu par le manche).
  2. Le mouvement (version 1, paume vers le sol) : relevez lentement le poignet, poing vers le plafond, puis redescendez encore plus lentement : comptez 3 secondes à la descente. Cette descente freinée s'appelle le travail excentrique : le muscle force pendant qu'il s'allonge, au lieu de se raccourcir. C'est ce qui construit un tendon costaud, et c'est pour ça qu'on ne laisse jamais tomber le poids.
  3. Le mouvement (version 2, paume vers le ciel) : retournez l'avant-bras et refaites exactement la même chose. Cette version-là travaille le côté intérieur du coude, celui du « golfer's elbow » justement. Ne la sautez pas : c'est celle qui vous concerne le plus.
  4. L'avant-bras ne décolle jamais de son appui. Si tout votre bras bouge, ce n'est plus votre poignet qui travaille.

📋 Dose : 3 séries de 12 dans chaque sens, 2 à 3 fois par semaine. Commencez ridiculement léger (1 kg, une petite bouteille) : on travaille un tendon, pas un biceps. On monte le poids seulement quand 12 répétitions passent sans aucune gêne le lendemain.

Ce que vous devez sentir : une fatigue qui brûle dans l'avant-bras, en plein milieu de la masse musculaire, sur les dernières répétitions. Pas dans le coude.

🚫 L'erreur classique : prendre trop lourd et laisser retomber le poids d'un coup. Vous supprimez la seule partie de l'exercice qui compte (la descente freinée), et vous donnez à votre coude exactement le choc dont vous essayez de le protéger. Léger et lent bat lourd et rapide, à chaque fois.

2️⃣ La rotation externe d'épaule, les petits muscles qui tiennent tout

Objectif : renforcer l'arrière de l'épaule, systématiquement en retard chez le golfeur, pour qu'elle encaisse la répétition des swings.

  1. Ce qu'on travaille : la coiffe des rotateurs, les quatre petits muscles profonds qui maintiennent la boule de votre épaule bien centrée dans son logement. Ils sont petits, ils ne se voient pas dans le miroir, et ce sont eux qui font tenir l'ensemble.
  2. Position : debout, un élastique fixé à hauteur de votre nombril (une poignée de porte fait très bien l'affaire), tenu dans la main la plus éloignée. Le coude est plié à 90° et collé contre votre flanc. L'avant-bras pointe devant vous.
  3. Le truc qui garantit l'exercice : coincez une serviette roulée entre votre coude et vos côtes. Elle ne doit pas tomber. C'est ce qui vous empêche de tricher, et sans elle, la plupart des gens trichent sans le savoir.
  4. Le mouvement : tournez l'avant-bras vers l'extérieur, comme une porte qui s'ouvre, le coude restant vissé contre le corps. Seul l'avant-bras se déplace, dans un plan horizontal. Allez jusqu'où vous pouvez sans que le coude décolle.
  5. Le retour : revenez en retenant l'élastique, lentement. Ne le laissez jamais vous ramener tout seul.

📋 Dose : 3 séries de 15 par bras, 2 à 3 fois par semaine. Élastique léger : si vous ne pouvez pas faire 15 répétitions propres, il est trop dur.

Ce que vous devez sentir : un travail à l'arrière de l'épaule et vers l'omoplate. C'est une sensation discrète, presque décevante : c'est normal, ces muscles sont petits.

🚫 L'erreur classique : prendre un élastique trop fort et compenser avec tout le corps : le coude décolle, le buste part en arrière, l'épaule remonte vers l'oreille. Vous faites alors travailler tous les gros muscles sauf celui que vous visez. Épaule basse, coude collé, mouvement petit.

✅ Feu vert (prêt pour le parcours)

  • Enchaîner un seau de balles sans mal de dos
  • Finir un parcours sans coude douloureux
  • Swinguer plus ample sans forcer

🎯 Ce qui blesse vraiment (et ce qu'on vous raconte)

Vous avez forcément entendu parler du « X-factor » (l'écart de rotation entre les épaules et le bassin) ou du « crunch factor » (l'inclinaison du buste combinée à la rotation à l'impact). On vous explique que c'est ça qui vous casse le dos, et on vous vend des cours pour le corriger.

Soyons honnêtes : ce n'est pas démontré. Ce sont des hypothèses de laboratoire séduisantes, mais aucune preuve claire ne relie la mécanique de votre swing à l'apparition d'un mal de dos. Vous pouvez avoir un swing « moche » et un dos parfait. Et l'inverse.

✅ Ce qui est réellement associé au mal de dos du golfeur

  • 🔹 Avoir déjà eu mal au dos. C'est de loin le meilleur prédicteur d'un prochain épisode.
  • 🔹 L'âge, et chez le golfeur amateur, le poids.
  • 🔹 Et c'est à peu près tout ce qui tient. Quand on met toutes les études bout à bout, la mobilité de hanche n'est pas associée au mal de dos du golfeur. Les golfeurs douloureux ont bien un tronc moins endurant, mais c'est probablement une conséquence de la douleur, pas sa cause. Traduction : quand on a mal, on bouge moins et on se méfie de son dos, et le corps perd alors de la condition physique (c'est ce qu'on appelle le déconditionnement). Le tronc n'est pas faible et donc douloureux ; il est douloureux et donc devenu faible.

Alors soyons cohérents. Je viens de vous dire que la mécanique du swing n'explique pas votre mal de dos : je ne vais pas vous refaire le même tour avec vos hanches six lignes plus bas. L'idée « si la hanche ne tourne pas, le bas du dos tourne à sa place » est une hypothèse raisonnable, pas un fait démontré. Pourquoi ce programme, alors ? Parce qu'un corps mobile, gainé et fort encaisse mieux, se sent mieux et tape plus loin, et parce que c'est sans risque. Je peux vous promettre un corps plus capable. Pas un coupable désigné, ni un dos garanti.

⛳ Gagner de la distance : ce que dit la science (ça va vous surprendre)

Voici la bonne nouvelle : ce qui vous rend plus capable est aussi ce qui vous fait taper plus loin. La distance dépend d'abord de la vitesse de tête de club. Et là, on a de la vraie donnée :

💥 La puissance des jambes, pas la force des bras

C'est la mesure la plus solide qu'on ait sur le sujet : dans la synthèse de 20 études, ce qui est le plus lié à la vitesse de tête de club, c'est votre détente, votre capacité à sauter (corrélations d'environ 0,66 à 0,82), davantage que la force maximale des jambes (environ 0,47). Une corrélation, c'est un nombre entre 0 et 1 qui dit à quel point deux mesures évoluent ensemble : à 0 elles n'ont rien à voir, à 1 elles vont parfaitement de pair. 0,66 à 0,82, c'est un lien fort ; 0,47, un lien réel mais nettement plus lâche. Et « lien » ne veut pas dire « cause » : c'est pour ça que je ne vous promets pas de mètres plus bas. Votre swing dure une fraction de seconde : il n'a pas le temps d'aller chercher votre force lente. Au passage, dans la même synthèse : la souplesse n'est pas associée du tout à la vitesse de club. S'étirer ne vous fera pas taper plus loin.

Combien de mètres, concrètement ? Je ne peux pas vous promettre un chiffre, et je préfère vous le dire. Les gains publiés varient beaucoup d'une étude à l'autre, et je n'ai pas trouvé de donnée assez solide pour vous annoncer un pourcentage précis, alors je n'en invente pas. Ce qui est établi, c'est le lien : les golfeurs qui sautent haut sont ceux qui frappent vite. Travailler la puissance des jambes est le pari le plus rationnel. Sans garantie chiffrée.

Vos exercices « distance »

Squat : la base de la puissance des jambes Soulevé de terre : chaîne postérieure

🦵 Le saut vertical, en détail : celui qu'il ne faut pas rater

Objectif : développer la puissance, la capacité à produire de la force vite. C'est la qualité la mieux liée à votre vitesse de club, donc à votre distance.

  1. Position : debout, pieds écartés de la largeur des hanches, bras libres le long du corps. Un sol dur et plat. Des chaussures aux pieds, pas des chaussettes.
  2. Le mouvement : descendez vite en pliant genoux et hanches (à peu près un quart de squat, pas plus), les bras partent en arrière, et enchaînez immédiatement vers le haut en projetant les bras au plafond. Le bas et le haut ne doivent faire qu'un seul geste. La pause en bas tue l'exercice : c'est le rebond qui fait la puissance, exactement comme au swing.
  3. La réception, le point capital : vous atterrissez sur l'avant du pied puis le talon, et vous amortissez en pliant les genoux. Votre objectif : ne faire aucun bruit. Un atterrissage silencieux est un atterrissage amorti ; un « BAM » est une articulation qui prend le choc à votre place.
  4. Le repos : entre chaque saut, prenez le temps de vous replacer. Entre chaque série, 1 à 2 minutes complètes. Oui, c'est long. Oui, vous allez vous ennuyer. C'est le principe.

📋 Dose : 4 séries de 5 sauts, 2 fois par semaine, en début de séance quand vous êtes frais (jamais après le renforcement : un muscle fatigué ne produit plus de puissance, il ne fait plus que du bruit). On cherche la hauteur, jamais le nombre.

Ce que vous devez sentir : de l'explosivité, et une réception maîtrisée. Vous ne devez pas être essoufflé. Si vous l'êtes, vous avez transformé un travail de puissance en séance de cardio, et vous avez perdu le bénéfice.

🚫 L'erreur classique : en faire trop. « Puisque c'est le plus important, je vais faire 4 × 20. » Non. Dès que la hauteur baisse, vous ne travaillez plus la puissance, vous accumulez juste de la fatigue et des impacts. 5 sauts hauts valent mieux que 20 sauts mous. Le jour où le 5e saut est nettement plus bas que le 1er, arrêtez la série.

⚠️ Avant de sauter : échauffez-vous (quelques minutes de marche rapide et de squats à vide suffisent). Et si vos genoux, vos hanches ou votre dos ont un passif, commencez par sauter petit (quelques centimètres) pendant deux semaines, le temps que les tissus prennent l'habitude du choc. Le saut est un excellent exercice ; c'est aussi le plus impactant de cette page.

↔️ Travaillez les deux côtés. Un golfeur tourne toujours dans le même sens : c'est le sport le plus asymétrique qui soit. Faites vos rotations autant dans le sens inverse de votre swing : c'est aussi ce qui garde un dos durable.

🔄 Vos hanches : le moteur du swing

On raconte souvent que la hanche avant qui manque de rotation force le bas du dos à compenser, coup après coup. C'est une hypothèse séduisante, et non démontrée : les études réunies ne trouvent pas de lien entre mobilité de hanche et mal de dos du golfeur. Alors pourquoi travailler vos hanches ? Pour une raison simple et honnête : ce sont elles qui produisent la puissance de votre swing, et la puissance du bas du corps, elle, est bien corrélée à la vitesse de club. On les travaille pour votre golf, pas pour vous vendre un coupable.

Position 90/90 pour la rotation de hanche Rotation contrôlée de hanche à quatre pattes

🔄 Mis à jour 2026.

📆 Votre plan à cocher & votre journal

Le plan à cocher, et un journal pour suivre dos/coude et le volume de jeu.

Le plan des 6 semaines

Rappel : ces semaines sont une carte, pas un compte à rebours. On coche quand le niveau est acquis.

  • S1–2 : mobilité du tronc (rotation du tronc, chat-vache)
  • S3–4 : gainage du tronc (bird-dog) + fessiers (pont fessier), on garde la mobilité
  • S5–6 : avant-bras dans les deux sens + rotation externe d'épaule, on garde tout le reste
  • En parallèle, dès que vous voulez : les exercices « distance » (sauts, squat/soulevé de terre, rotations à l'élastique) et la mobilité de hanche
  • Avant chaque practice et chaque parcours : les 8 min d'échauffement, sans exception

📓 Votre journal de suivi

Notez chaque semaine : surveillez dos/coude quand le volume monte.

SemaineGêne dos/coude /10Séances renfoPractice / parcoursRessenti
S1    
S2    
S3    
S4    
S5    
S6    

(Dans le PDF, ce tableau est imprimable.)

Vos questions fréquentes ❓

Mon swing me fait mal au dos ?

Ce n'est probablement pas votre technique : les caractéristiques du swing (X-factor, crunch factor) ne sont pas associées au mal de dos. Travaillez la mobilité du tronc et le gainage, montez le volume doucement, et donnez-vous du temps. Si la douleur s'installe, faites-la regarder plutôt que de rectifier votre swing.

Le coude qui tire (golfer's elbow) ?

Un avant-bras fort et un bon grip protègent. Si c'est installé, voir le programme coude.

La muscu, utile au golf ?

Oui : elle protège dos/coude/épaule des blessures de répétition et rend le swing plus stable.

Combien de practice / parcours ?

Gérez le volume (le facteur n°1) : montez progressivement, méfiez-vous des grosses semaines d'un coup.

Faut-il s'échauffer ?

Oui : jamais un grand swing à froid. Quelques swings progressifs préparent le dos et les épaules.

Le volume 📈

Pour jouer longtemps 🛡️

📚 Les sources de cette page

Tout ce qui est affirmé ici s'appuie sur ces travaux — les plus récents et les plus solides disponibles. Vous pouvez les vérifier vous-même.

  • Qu'est-ce qui fait vraiment la vitesse de tête de club ? — Revue systématique et méta-analyse (20 études), revue Sports Medicine 2024. La détente et la puissance explosive sont les mieux liées à la vitesse de club, davantage que la force maximale ; la souplesse, elle, n'est pas associée du tout.
  • Les facteurs de risque du mal de dos chez le golfeur — Revue systématique et méta-analyse, revue Sports Health 2018. Le X-factor et le crunch factor ne sont pas associés à la douleur ; la mobilité de hanche non plus une fois les études réunies. Le meilleur prédicteur reste d'avoir déjà eu mal au dos.

Dernière vérification des sources : juillet 2026.

Un swing qui ne réveille plus le dos

Le programme complet en PDF : mobilité, gainage, renforcement semaine par semaine, échauffement et dosage.

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Programme éducatif à visée informative et de prévention. Il ne constitue pas un diagnostic ni un traitement personnalisé, et ne remplace pas une consultation.