La souplesse, ça se travaille (et ça revient vite)
La raideur n'est pas une fatalité de l'âge : c'est surtout un manque d'utilisation des amplitudes (l'amplitude, c'est la distance qu'une articulation peut parcourir : de votre bras le long du corps à votre bras tendu au-dessus de la tête, par exemple). Ce que vous n'allez jamais chercher, le corps cesse de vous le prêter. Bonne nouvelle, il répond vite : en 30 jours de pratique régulière, on gagne nettement en aisance. Le secret n'est pas l'intensité, c'est la régularité. 10 min tous les jours battent 1 h une fois par semaine.
La bonne méthode & les mythes
- ✅ Étirement doux tenu 20–40 s, en respirant, sensation d'étirement confortable.
- ❌ « No pain no gain » : forcer dans la douleur crispe le muscle, c'est contre-productif.
- ❌ Étirer à froid : bougez 2–3 min d'abord (la mobilité aime la chaleur).
- ✅ S'étirer avant le sport ne « casse » pas la performance, à condition de rester court. La baisse de force n'apparaît qu'à partir de 60 s et plus sur le même muscle. Nos 20–40 s sont largement en dessous.
🧭 Votre auto-bilan de départ (2 min)
Trois repères pour cibler vos raideurs.
1. Où êtes-vous le plus raide ?
Bas du corps (ischios ou arrière des cuisses, hanches, mollets), dos, ou haut (nuque, épaules) → la routine suit cet ordre ; insistez sur vos zones.
2. Votre objectif ?
Souplesse générale, ou un geste précis (toucher ses pieds, s'accroupir, lever les bras) → gardez-le en tête pour mesurer les progrès.
3. Quand la faire ?
Le soir (corps chaud, détente avant le sommeil) est idéal, mais le meilleur moment reste celui que vous tiendrez.
🔄 Mis à jour 2026 (mobilité active > simple assouplissement passif).
🧭 Comment marche ce programme (lisez ceci d'abord)
Il y a « 30 jours » sur la couverture, et vous allez trouver un plan en trois blocs de dix jours. Lisez quand même ce qui suit : ces dates sont un cadre, pas un contrat. C'est le point le plus important de toute la page.
Une hanche ne lit pas l'agenda. Deux personnes qui commencent le même jour n'avancent pas au même rythme : l'une se penchera en avant nettement plus loin au bout d'une semaine, l'autre mettra un mois à sentir la différence, et aucune des deux n'est en retard. Une raideur installée en dix ans de position assise ne s'en va pas parce qu'une case est cochée.
Le principe est donc simple : on passe au bloc suivant quand le geste est acquis, pas quand la semaine est finie. Chaque bloc se termine par un feu vert : des choses concrètes à réussir. Tant qu'elles ne le sont pas, vous restez, même si « ça fait déjà quinze jours ». Dès qu'elles le sont, vous passez, même si « ça ne fait que six jours ». Et si vous passez trois semaines sur le bas du corps, vous n'avez rien raté : vous avez fait le programme dont vous aviez besoin.
Votre séance, en pratique
- 📅 Combien de fois ? Tous les jours. C'est court, et c'est précisément pour ça que c'est quotidien : sur la souplesse, la fréquence bat l'intensité. Un jour sauté n'annule rien. Deux semaines sautées, si.
- ⏱️ Combien de temps ? 10 min sur le premier bloc, 10 à 12 min sur le deuxième, 12 à 15 min sur le dernier quand tout le corps y passe. Si votre séance dure 40 minutes, vous en ferez trois et vous arrêterez. Restez court, c'est fait exprès.
- 🚦 Comment je sais que j'avance ? Vous refaites votre test repère (celui du journal, plus bas) tous les 10 jours, pas tous les matins. L'amplitude d'un jour donné dépend de l'heure, de la température, de votre nuit. Mesurée quotidiennement, elle vous découragerait pour de mauvaises raisons.
💡 Le repère qui vaut tous les calendriers : pendant l'étirement, vous devez sentir une tension franche mais supportable. Mettez-lui une note : elle doit rester ≤ 3/10. Jamais une brûlure, jamais une douleur qui vous fait retenir votre souffle. Et surtout : le lendemain matin, il ne doit rien rester. Une zone encore sensible au réveil = vous avez tiré trop fort la veille, revenez d'un cran. C'est votre boussole, et elle est plus fiable que n'importe quelle date.
La routine, semaine par semaine
Jours 1 à 10 · Le bas du corps
Délier hanches, cuisses & mollets
Chaque jour : ischio-jambiers (30 s/jambe), quadriceps debout (30 s/jambe), mollets contre un mur (30 s/jambe). 10 min qui changent la sensation dans les jambes.
⚠️ La règle qui vaut pour les trois : bougez 2 à 3 minutes avant (montez l'escalier, marchez, faites quelques flexions) : un muscle froid s'étire mal et se défend. Puis installez-vous et ne bougez plus : on tient la position, on ne fait pas de à-coups. Et on respire normalement. Si vous bloquez votre souffle, c'est que vous tirez trop fort.
1️⃣ Ischio-jambiers : assis, une jambe tendue
Objectif : gagner sur l'arrière de la cuisse, la zone qui vous empêche de vous pencher en avant.
- Position : assis au bord d'une chaise. Tendez une jambe devant vous, talon posé au sol, pointe du pied vers le plafond. L'autre pied reste à plat, genou plié.
- Le mouvement : redressez le dos d'abord : poitrine ouverte, comme si on vous tirait vers le haut par le sternum. Puis penchez-vous vers l'avant en basculant à partir de la hanche, dos toujours droit, jusqu'à sentir tirer derrière la cuisse tendue.
- Le point capital : ce n'est pas la distance entre vos mains et votre pied qui compte, c'est le dos plat. Descendez seulement aussi loin que vous gardez la poitrine ouverte.
- Tenir : 30 secondes en respirant, puis changez de jambe.
📋 Dose : 2 × 30 s par jambe, tous les jours.
✅ Ce que vous devez sentir : une tension large derrière la cuisse, du dessous de la fesse jusqu'au creux du genou. Elle s'atténue un peu au fil des 30 secondes. C'est bon signe, c'est le muscle qui accepte.
🚫 L'erreur classique : arrondir le dos pour aller toucher son pied. C'est de loin l'erreur que je vois le plus. Vous descendez plus bas, vous êtes content de vous… mais vous venez d'étirer votre dos, pas votre ischio. Dos plat et 20 cm plus haut vaut infiniment mieux.
2️⃣ Quadriceps : debout, talon vers la fesse
Objectif : rendre de la longueur au quadriceps (le gros muscle de l'avant de la cuisse), très raccourci chez ceux qui passent leurs journées assis.
- Position : debout, une main en appui sur un mur ou un dossier. Attrapez votre cheville derrière vous et amenez le talon vers la fesse. Les deux genoux restent côte à côte.
- Le mouvement : serrez la fesse du côté étiré et rentrez le bassin, comme si vous vouliez rentrer le ventre et remonter légèrement le pubis. C'est ce petit geste, et non la traction sur la cheville, qui crée l'étirement.
- Le point capital : le genou du côté étiré reste sous la hanche. S'il part vers l'avant, l'étirement s'échappe.
- Tenir : 30 secondes, puis l'autre côté.
📋 Dose : 2 × 30 s par jambe, tous les jours.
✅ Ce que vous devez sentir : une tension sur le devant de la cuisse, souvent jusqu'en haut vers la hanche. Le jour où vous sentez enfin le haut de la cuisse, c'est que vous avez trouvé la bonne position de bassin.
🚫 L'erreur classique : cambrer le bas du dos pour monter le talon plus haut. Le talon monte, oui, mais le bassin a basculé en avant et le quadriceps a récupéré tout le mou. Vous ne l'étirez plus, et vous tassez vos lombaires au passage. Montez moins haut, rentrez le bassin.
3️⃣ Mollet : la fente contre le mur
Objectif : redonner de la course à la cheville. C'est elle qui doit plier pour marcher, s'accroupir, descendre un escalier sans se crisper.
- Position : face à un mur, les deux mains posées dessus. Un pied près du mur, l'autre loin derrière. Les deux pieds pointent droit vers le mur, en parallèle.
- Le mouvement : jambe arrière tendue, talon collé au sol, poussez lentement votre bassin vers le mur en pliant le genou avant. Ça tire dans le mollet arrière.
- Le point capital : le talon arrière ne décolle jamais. Si vous ne sentez rien, ne montez pas sur la pointe : reculez le pied.
- La deuxième version : refaites 30 s en pliant légèrement le genou arrière, talon toujours au sol. Ça change la sensation : vous allez chercher le soléaire, le muscle plus profond du mollet, celui qu'on oublie toujours.
📋 Dose : 2 × 30 s par jambe : une version genou tendu, une version genou plié.
✅ Ce que vous devez sentir : une tension nette dans le mollet, plutôt haut avec le genou tendu, plutôt bas vers le talon avec le genou plié.
🚫 L'erreur classique : laisser le pied arrière tourner en canard, vers l'extérieur. C'est une compensation automatique, personne ne la fait exprès : le pied pivote, l'intérieur du talon se soulève, et vous gagnez quelques centimètres… en écrasant l'intérieur de votre pied au lieu d'étirer le mollet. Vérifiez vos pieds, ils doivent rester parallèles.
🚦 Votre feu vert pour passer au bloc suivant
Pas une date, mais ces trois repères. Tant qu'ils ne sont pas là, vous restez ici, et c'est très bien.
- ☐ Vous vous penchez en avant plus loin qu'au départ, sans arrondir le dos
- ☐ Vos jambes sont moins « tendues » : la sensation de corde derrière la cuisse a diminué
- ☐ Le mollet au mur se tient talon au sol, sans crisper ni retenir votre souffle
Jours 11 à 20 · Le dos & le tronc
Assouplir la colonne
On ajoute la mobilité du dos : chat-vache (10 allers-retours), ouverture thoracique (8 fois) et rotations douces du tronc. On continue le bas du corps en entretien.
📖 « Thoracique », ça veut dire quoi ? C'est la partie de votre colonne située entre les épaules, celle sur laquelle sont accrochées les côtes, entre la nuque en haut et le bas du dos en bas. C'est la zone qui devrait tourner quand vous vous retournez pour faire une marche arrière en voiture. Quand elle ne tourne plus, ce sont la nuque et les lombaires qui font le travail à sa place, et ce sont elles qui se plaignent.
⚠️ Différence importante avec le bloc précédent : ces deux exercices ne sont pas des étirements tenus, ce sont des mouvements. On ne s'installe pas 30 secondes : on va et vient lentement. L'objectif n'est pas d'allonger un muscle, c'est de redonner du glissement à des articulations qui ne bougent plus.
1️⃣ Le chat-vache, pour réveiller la colonne étage par étage
Objectif : redonner du mouvement à chaque niveau du dos, du bassin à la nuque.
- Position : à quatre pattes. Mains à l'aplomb des épaules, genoux à l'aplomb des hanches. Dos plat pour commencer, regard vers le sol.
- Le « chat » : soufflez en arrondissant le dos vers le plafond. Commencez par rentrer le bassin, puis laissez l'arrondi remonter le long du dos jusqu'à la nuque, menton vers la poitrine. Poussez le sol avec les mains pour écarter les omoplates.
- La « vache » : inspirez en faisant l'inverse : le bassin bascule, le ventre descend, la poitrine s'ouvre, le regard remonte en dernier. La nuque suit le mouvement, elle ne le mène pas.
- Le rythme : une respiration complète = un aller-retour. Comptez 3 à 4 secondes dans chaque sens.
📋 Dose : 10 allers-retours, tous les jours.
✅ Ce que vous devez sentir : rien qui tire vraiment, juste un dos qui se déplie et se replie. Vous allez repérer un ou deux endroits « collés » au milieu du dos, qui ne participent pas : c'est exactement là qu'il faut ralentir.
🚫 L'erreur classique : aller vite et ne bouger que les deux extrémités. Le bassin bascule, la tête monte et descend, ça a l'air d'un chat-vache… et tout le milieu du dos reste figé comme une planche. Or c'est précisément ce milieu qui a besoin de bouger. Ralentissez de moitié et essayez de sentir les vertèbres partir l'une après l'autre.
2️⃣ L'ouverture thoracique, pour faire tourner le haut du dos
Objectif : récupérer la rotation du haut du dos, celle qui manque à presque tout le monde après des années d'écran.
- Position : allongé sur le côté, genoux remontés et pliés à 90°, l'un posé sur l'autre. Les deux bras tendus devant vous au sol, paumes l'une contre l'autre. Posez le genou du dessus sur un coussin : il ne doit plus bouger de tout l'exercice.
- Le mouvement : suivez votre main du dessus avec les yeux et balayez lentement le sol avec ce bras, en un grand arc de cercle (au-dessus de la tête, puis de l'autre côté) jusqu'à ouvrir la poitrine vers le plafond. Gardez le bras au contact du sol le plus longtemps possible.
- Le point capital : les genoux restent collés et posés. Dès que le genou du dessus se décolle, c'est votre bassin qui tourne, et le haut du dos ne travaille plus.
- Le retour : revenez aussi lentement, main contre main. 3 à 4 secondes à l'aller, autant au retour, et respirez à fond quand la poitrine est ouverte.
📋 Dose : 8 fois par côté, tous les jours.
✅ Ce que vous devez sentir : une ouverture en travers de la poitrine et entre les omoplates. Le premier tiers du cercle est facile, la fin ne vient pas. C'est normal, et c'est justement cette fin qu'on va chercher.
🚫 L'erreur classique : décoller le genou et laisser le bassin partir. Le bras arrive au sol, on est fier, sauf qu'on a simplement roulé sur le dos. Le haut du dos n'a rien tourné du tout. Un bras qui s'arrête à mi-chemin avec le genou en place travaille dix fois plus qu'un bras au sol avec le bassin qui suit.
🚦 Votre feu vert pour passer au bloc suivant
- ☐ Le dos est plus souple : le chat-vache se déroule sans point « collé » évident
- ☐ Moins de raideur matinale : le dos ne met plus dix minutes à démarrer
- ☐ En ouverture thoracique, votre bras va plus loin qu'au départ, genou toujours posé
Jours 21 à 30 · Le haut & l'ensemble
Nuque, épaules & routine complète
On complète avec la nuque et les épaules (étirement du trapèze, cercles d'épaules) et on enchaîne la routine complète du corps entier, 12–15 min. À ce stade, c'est devenu un rituel.
1️⃣ Étirement du trapèze : l'oreille vers l'épaule
Objectif : détendre le trapèze supérieur, le muscle qui relie la nuque au dessus de l'épaule, celui qui durcit devant un écran et les jours de contrariété.
- Position : assis sur une chaise, dos droit. Pour étirer le côté droit : attrapez le bord du siège avec la main droite et laissez le bras lourd. Cette épaule doit rester basse, et le rester pendant toute la durée.
- Le mouvement : penchez la tête du côté opposé : oreille gauche vers l'épaule gauche. Vous sentez tirer sur le dessus de l'épaule droite.
- La nuance qui change tout : ajoutez ensuite une petite rotation, nez vers l'aisselle gauche. La tension se déplace. Gardez la version où vous la sentez le mieux.
- La main libre : vous pouvez poser (poser, pas tirer) la main gauche sur le côté droit de la tête, pour ajouter le simple poids du bras. Rien de plus.
📋 Dose : 30 s par côté, tous les jours (2 × 30 s si la zone est très raide).
✅ Ce que vous devez sentir : une tension allongée entre l'oreille et le dessus de l'épaule du côté étiré. Jamais rien dans le cou lui-même, jamais de fourmis dans le bras.
🚫 L'erreur classique : tirer fort sur sa tête avec la main, en laissant l'épaule opposée monter vers l'oreille. Les deux se rapprochent, la distance ne change pas, on n'étire rien, et on comprime la nuque au passage. La nuque déteste la force. Ancrez l'épaule, posez la main, attendez. Le trapèze cède tout seul si on lui laisse 30 secondes.
✅ Après 30 jours (souplesse gagnée)
- ☐ Toucher (ou s'approcher de) ses pieds
- ☐ Tourner la tête et le tronc librement
- ☐ Se sentir « plus léger » dans les gestes du quotidien
📆 Votre plan à cocher & votre journal
Le plan à cocher, et un journal pour voir votre amplitude gagner.
Le plan (30 jours)
- ☐ J1–10 · Bas du corps : ischios, quadriceps, mollets (10 min/jour)
- ☐ J11–20 · Dos & tronc : chat-vache, ouverture thoracique, rotations
- ☐ J21–30 · Haut du corps + routine complète : nuque, épaules, tout le corps (12–15 min)
📓 Votre journal de suivi
Mesurez un repère au départ (ex. mains à quelle hauteur de vos pieds), puis toutes les 10 jours.
| Repère | Jours faits | Test « toucher ses pieds » | Zone la plus raide | Ressenti |
|---|---|---|---|---|
| Départ | ||||
| J10 | ||||
| J20 | ||||
| J30 |
(Dans le PDF, ce tableau est imprimable.)
Vos questions fréquentes ❓
Faut-il s'étirer avant le sport ?
On a longtemps répondu « surtout pas ». C'est plus nuancé que ça. La grande synthèse 2024 (83 études) montre que la perte de force n'apparaît qu'au-delà de 60 secondes sur le même muscle. En dessous, aucune perte mesurable, et les étirements n'ont pas dégradé la performance sportive en général, ni même le saut. Donc : des étirements courts (20–40 s, comme ici) avant le sport, aucun problème. Ne vous installez simplement pas 2 minutes sur chaque muscle juste avant un sprint, et échauffez-vous en bougeant.
« No pain no gain » ?
Faux : forcer dans la douleur crispe le muscle, c'est contre-productif. On cherche une tension confortable.
Combien de temps tenir un étirement ?
20–40 secondes, en respirant, sur une sensation d'étirement confortable.
J'ai fait mes 10 jours mais je ne sens pas de différence. Je passe au bloc suivant ?
Non, vous restez. Le découpage en 10 jours est un cadre pour vous donner un ordre, pas un délai à respecter. Vous passez au bloc suivant quand le feu vert de votre bloc est atteint, et pas avant. Certaines personnes y passent trois semaines : ce sont souvent celles qui étaient les plus raides au départ, donc celles qui ont le plus à gagner. Passer trop vite, ce n'est pas avancer, c'est empiler des exercices qu'on fait mal.
Ça revient si j'arrête ?
La souplesse s'entretient : après les 30 jours, 3–4 séances/semaine suffisent à la garder.
Peut-on s'étirer à froid ?
Mieux vaut bouger 2–3 min d'abord : la mobilité aime la chaleur.
Pour garder la souplesse 🛡️
- 📅 3–4 séances/semaine suffisent en entretien une fois les 30 jours passés.
- 🚶 Bougez au quotidien : la mobilité se perd surtout par l'immobilité.
- 🌙 Le soir est un bon moment (corps chaud, détente avant le sommeil).
Un corps souple, ce n'est pas un corps de gymnaste. C'est un corps qui ne vous rappelle pas à l'ordre à chaque geste.
Aller plus loin : la mobilité ACTIVE 🧭
S'étirer passivement gagne de la souplesse… qu'on ne contrôle pas toujours. Travailler l'amplitude activement, avec de la force en bout de course, est une idée séduisante, et ce sont des outils que j'aime et que j'utilise. Soyons clairs sur leur statut : les méthodes ci-dessous (CARS, PAILs/RAILs) viennent d'un système commercial qui n'a pas d'essai contrôlé publié (personne n'a jamais comparé, dans une étude publiée, un groupe qui les pratique à un groupe qui fait autre chose ; on ne sait donc pas si elles font mieux). Ce ne sont pas des techniques prouvées supérieures : ce sont des façons sûres et agréables de travailler. Je préfère vous le dire.
🔄 Souplesse passive, mobilité active : la différence en un exemple
Allongez-vous et demandez à quelqu'un de vous lever la jambe tendue, le plus haut possible. Notez la hauteur : c'est votre souplesse passive : ce que votre corps accepte quand une force extérieure fait le travail.
Maintenant, reposez la jambe et levez-la vous-même, sans aide, aussi haut que possible. Elle monte moins haut. Presque toujours. Cette hauteur-là, c'est votre mobilité active : l'amplitude que vous contrôlez réellement avec vos muscles.
🎯 Pourquoi ça compte : l'écart entre les deux, c'est de l'amplitude que vous possédez mais que vous ne pilotez pas. Dans la vraie vie (un geste rapide, une glissade, un carton à attraper en hauteur), seule la partie active vous sert. C'est tout l'intérêt de ce qui suit : ne pas se contenter d'ouvrir la porte, apprendre aussi à en tenir la poignée.
💡 L'option la mieux étayée : la musculation en amplitude complète
Voici ce que peu de monde vous dira : soulever des charges sur toute l'amplitude fait gagner autant d'amplitude que les étirements. C'est la conclusion d'une méta-analyse comparant les deux. Une méta-analyse, c'est une étude qui rassemble toutes les études existantes sur une question et recalcule le résultat d'ensemble ; c'est le niveau de preuve le plus solide dont on dispose. Un squat profond, une fente complète, un développé bras bien bas : vous gagnez en souplesse et en force, en même temps. Si vous devez choisir une seule chose, c'est probablement celle-là.
🔤 « CARS », « PAILs », « RAILs » : c'est quoi, exactement ?
Vous allez croiser ces trois sigles partout sur internet, et personne ne prend jamais la peine de vous les traduire. Ils intimident. Ce sont pourtant trois acronymes anglais qui décrivent des choses très simples. Les voici dépliés, mot à mot.
Un mot de vocabulaire d'abord, parce qu'il revient deux fois : isométrique = contracter un muscle sans que rien ne bouge. Comme quand vous poussez de toutes vos forces contre un mur : le muscle travaille à fond, l'articulation ne bouge pas d'un millimètre.
« CARs »
Controlled Articular Rotations, soit « rotations articulaires contrôlées ».
- Rotations : vous dessinez un cercle avec une articulation.
- Articulaires : une seule articulation à la fois : l'épaule, la hanche, la cheville…
- Contrôlées : lentement, et sans que le reste du corps bouge. C'est là toute la difficulté.
Traduction honnête : un grand cercle lent, propre, articulation par articulation. Rien de plus.
« PAILs » & « RAILs »
Progressive / Regressive Angular Isometric Loading : « mise en charge isométrique, à un angle donné, progressive ou régressive ».
- Angular : à un angle précis : ici, tout au bout de votre amplitude.
- Isometric Loading : on fait travailler fort le muscle, sans bouger.
- Progressive : on monte l'intensité petit à petit (pas d'un coup).
Traduction honnête : arrivé en bout d'étirement, on pousse sans bouger, puis on essaie d'aller un peu plus loin par ses propres moyens.
🎯 Ce qu'il faut retenir : derrière les sigles, il n'y a aucun secret, juste l'idée d'être actif dans son amplitude au lieu de la subir. Si ces deux pages vous saoulent, sautez-les : la routine des 30 jours se suffit à elle-même, et la musculation en amplitude complète, ci-dessus, reste l'option la mieux démontrée.
Les CARS (Controlled Articular Rotations)
Dessinez le plus grand cercle possible avec une articulation (épaule, hanche, cou, cheville…), très lentement, en gardant une tension légère dans tout le corps et le reste immobile. 3–5 tours par sens, chaque jour. Un entretien articulaire quotidien simple et sûr, que j'aime pour sa régularité, sans prétendre qu'il batte le reste.
Les PAILs / RAILs
En bout d'amplitude d'un étirement : poussez contre une résistance sans bouger (contraction du muscle étiré) ~10 s en montant progressivement l'intensité (PAILs), puis essayez de vous tirer plus loin activement ~10 s (RAILs). 1–2 cycles par zone. Une façon agréable de finir une amplitude en la contrôlant. Attendez-vous à des sensations, pas à un miracle.
La hanche : 90/90
Assis au sol, une jambe devant pliée à 90°, l'autre sur le côté à 90° : passez lentement d'un côté à l'autre (« 90/90 switch »). Un excellent exercice pour une hanche mobile et libre, et un bon test au passage : si un côté est nettement plus dur, vous savez lequel travailler.
📚 Les sources de cette page
Tout ce qui est affirmé ici s'appuie sur ces travaux — les plus récents et les plus solides disponibles. Vous pouvez les vérifier vous-même.
- S'étirer avant l'effort fait-il perdre de la force ? — Revue systématique et méta-analyse multiniveaux (83 études, 2 012 participants), Journal of Sport and Health Science 2024. La baisse de force n'apparaît qu'à partir de 60 s par muscle ; en dessous, rien. Les auteurs ne soutiennent plus l'exclusion des étirements de l'échauffement.
- Musculation ou étirements pour gagner de l'amplitude ? — Revue systématique et méta-analyse, revue Healthcare 2021. Soulever des charges sur toute l'amplitude fait gagner autant de souplesse que s'étirer, à court comme à plus long terme.
Dernière vérification des sources : juillet 2026.