Programme — Tennis / prévention

Jouer au tennis sans se blesser

Le programme de prévention sur 6 semaines pour blinder les 3 zones à risque du tennisman : l'épaule du service, le coude et la cheville.

  • Un plan clair, semaine par semaine, tout écrit.
  • Exercices illustrés : coiffe, avant-bras, équilibre.
  • L'échauffement d'avant-match + le dosage du volume.
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Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Diplômé d'État · Kiné du Sport Expert

Rotation externe de l'épaule à l'élastique
⚠️ À lire d'abord. Ce programme est un travail de prévention et de renforcement pour joueurs sans blessure aiguë. En cas de douleur installée (épaule, coude, cheville), traitez d'abord la blessure : voyez le programme dédié ou consultez.

Pourquoi le tennis blesse (et comment l'éviter)

Le tennis, c'est des gestes explosifs, répétés et asymétriques : service au-dessus de la tête, frappes à répétition, appuis brutaux. Les blessures viennent presque toujours du volume (trop de balles d'un coup) sur des zones pas assez préparées. La parade, dans l'ordre de ce qui est prouvé : monter le volume progressivement (c'est le facteur n°1, et de loin), un matériel adapté à votre main, puis renforcer la coiffe, l'avant-bras et la cheville et s'échauffer.

Un mot tout de suite sur « la coiffe », puisque vous allez le lire partout dans cette page : ce sont les quatre petits muscles profonds qui tiennent votre épaule en place. On leur consacre un encadré entier plus bas. Vous saurez exactement ce que c'est, où c'est, et pourquoi le service leur en demande autant.

La boussole : le « feu tricolore »

🔥 L'échauffement d'avant-match (8 min)

1

Corps chaud, 3 min. Trottinez, montées de genoux, talons-fesses : faites monter le cœur avant de solliciter épaule et jambes.

2

Épaule & avant-bras, 2 min. Cercles de bras, rotations douces, ouvertures/fermetures de mains.

3

Montée en frappes, 3 min. Commencez à frapper doucement et accélérez progressivement. On ne sert jamais fort à froid.

✅ Épaule chaude, appuis prêts : entrez sur le court.

🧭 Votre auto-bilan de départ (2 min)

Trois repères pour cibler ce qui vous fragilise sur le court.

1. Où ça coince (ou risque de coincer) ?

Épaule (service), coude (épicondylite : c'est le nom savant du « tennis elbow », on vous l'explique en détail plus bas), genou / cheville (appuis) → on renforce la zone concernée en priorité.

2. Fréquence de jeu ?

Loisir 1×/sem ou intensif plusieurs fois → on ajuste le volume de renfo et de récupération en conséquence.

3. Un point faible connu ?

Une épaule sur-sollicitée par le service ? On insiste sur la coiffe + l'omoplate. Un coude sensible ? Sur l'avant-bras.

🔄 Mis à jour 2026.

🧭 Comment marche ce programme (lisez ceci d'abord)

Vous allez lire « semaines 1 & 2 », « semaines 3 & 4 », « semaines 5 & 6 ». Prenez ces numéros pour ce qu'ils sont : un ordre, pas un calendrier. Le programme est découpé en trois étapes qui se suivent, et chaque étape se termine par un feu vert : deux ou trois choses concrètes à réussir. Tant que le feu n'est pas vert, vous restez à l'étape en cours, même si « ça fait déjà trois semaines ». Dès qu'il est vert, vous passez à la suivante, même si vous êtes en avance.

Pourquoi pas de dates fermes ? Parce que deux joueurs ne partent jamais du même endroit. Le joueur de club qui n'a jamais tenu un élastique de sa vie et le compétiteur qui fait de la salle depuis dix ans ne vont pas réveiller leur coiffe au même rythme. Aucun des deux n'est en retard. Si je vous imposais un calendrier, l'un tournerait en rond alors qu'il est prêt, et l'autre forcerait alors qu'il ne l'est pas. Forcer sur une épaule mal préparée, c'est précisément la blessure que ce programme sert à éviter.

La règle tient en une phrase : on progresse quand le niveau est acquis, pas quand la semaine est finie. « Six semaines », c'est ce que ça prend à la plupart des joueurs. C'est un repère honnête, pas une promesse.

Votre séance, en pratique

  • 📅 Combien de fois ? Les exercices de l'étape en cours, 2 à 3 fois par semaine. Idéalement un jour sans tennis, ou après avoir joué. Jamais juste avant un match : on n'entre pas sur le court avec l'épaule déjà fatiguée. L'échauffement, lui, c'est chaque fois que vous touchez une raquette, sans exception.
  • ⏱️ Combien de temps ? 15 à 20 minutes par séance. C'est court, et c'est voulu : un programme d'une heure, vous ne le ferez pas en février.
  • 🚦 Comment je sais que j'avance ? Vous testez le feu vert de votre étape une fois par semaine, pas à chaque séance. Un muscle met plusieurs séances à changer quoi que ce soit : le tester tous les jours ne vous apprend rien et vous décourage pour rien.
  • 🎾 Et le tennis pendant ce temps ? Vous continuez à jouer normalement. Ce programme s'ajoute à votre jeu, il ne le remplace pas. Une seule consigne : ne profitez pas d'être « en programme » pour ajouter aussi des heures de court. Ce serait ajouter le risque en croyant ajouter la protection.

💡 Le repère qui vaut tous les calendriers : une gêne pendant l'exercice qui reste faible (≤ 3/10) et qui a disparu le lendemain matin = vous êtes au bon dosage, continuez. Une épaule ou un coude encore sensible au réveil = vous êtes allé trop loin : revenez d'un cran (élastique plus léger, moins de répétitions) et réessayez la semaine d'après. C'est le feu tricolore ci-dessus, et c'est votre boussole de tous les jours.

Le programme, semaine par semaine

Semaines 1 & 2

Réveiller la coiffe & l'avant-bras

Rotation externe de l'épaule à l'élastique Renforcement de la prise

🎯 « La coiffe » : c'est quoi, exactement ?

Vous allez croiser ce mot vingt fois, et personne ne prend jamais la peine de vous l'expliquer. Son nom complet, c'est la coiffe des rotateurs. Ce sont quatre petits muscles profonds qui partent de votre omoplate, passent par-dessus l'articulation et viennent s'attacher tout autour du sommet de l'os du bras, comme une coiffe posée sur le haut du bras. D'où le nom. Ils sont sous les gros muscles, vous ne les voyez pas dans le miroir, et c'est pour ça qu'on les oublie.

À quoi ça sert ?

L'épaule est l'articulation la plus mobile du corps, et donc la moins emboîtée : la tête du bras repose sur une surface à peine creusée, un peu comme une balle de golf sur son tee. Ce ne sont pas les os qui la tiennent, ce sont ces quatre muscles. Leur travail : garder la tête du bras bien centrée pendant que les gros muscles, eux, produisent la puissance.

Pourquoi ça vous concerne

Au service, votre bras part au-dessus de la tête, en rotation, à pleine vitesse, et il faut bien le freiner ensuite. C'est la coiffe qui freine. Multipliez par le nombre de services d'un mois de saison : si ces muscles sont faibles, ce sont eux qui encaissent tout, et l'épaule commence à tirer.

💪 Ce qu'il faut retenir : on ne renforce pas la coiffe avec des gros poids. Ce sont de petits muscles d'endurance : on travaille léger, lentement, en séries longues. Un élastique et une petite haltère suffisent. C'est pour ça que les exercices qui suivent vont vous paraître « trop faciles ». Ils ne le sont pas : ils sont bien dosés. Ajouter du poids, ici, c'est rater l'exercice.

1️⃣ La rotation externe à l'élastique, l'exercice n°1 de l'épaule du tennisman

Objectif : renforcer les muscles qui freinent votre bras à la fin de chaque service.

  1. Position : debout, de profil par rapport au point d'ancrage de l'élastique (poignée de porte, pied de table). L'élastique arrive devant vous, à hauteur de nombril. Saisissez-le avec la main la plus éloignée de l'ancrage. Coude collé au corps et plié à 90°, avant-bras à l'horizontale, main devant le ventre.
  2. L'astuce qui change tout : coincez une serviette roulée entre votre coude et vos côtes. Tant qu'elle ne tombe pas, votre coude est au bon endroit. C'est le meilleur outil de cet exercice, et il est gratuit.
  3. Le mouvement : sans bouger le coude, ouvrez l'avant-bras vers l'extérieur, comme une porte qui s'ouvre, le coude étant la charnière. Allez jusqu'où vous pouvez sans que l'épaule parte en arrière. Ce n'est pas un grand geste : quelques dizaines de centimètres, pas plus.
  4. Le retour : revenez lentement, en retenant l'élastique. Comptez 2 secondes pour ouvrir, 3 secondes pour revenir. C'est le retour freiné qui fait le travail, pas l'aller.

📋 Dose : 3 séries de 15, 2 à 3 fois par semaine. Sur le bras de la raquette en priorité, et sur l'autre aussi tant qu'à faire. Élastique léger : vous devez finir la 15ᵉ répétition proprement, sans tricher.

Ce que vous devez sentir : une fatigue qui monte derrière l'épaule, vers l'omoplate, sur les dernières répétitions. Rien devant, rien de piquant, rien dans le cou.

🚫 L'erreur classique : prendre un élastique trop fort. Quand c'est trop dur, le corps triche toujours de la même façon : le coude décolle des côtes et le buste tourne pour aider. À cet instant, ce sont les gros muscles qui font le boulot, et la coiffe ne travaille plus du tout. Vous faites l'exercice, mais l'exercice ne vous fait rien. Plus léger, plus lent, coude collé.

2️⃣ Le renforcement de la poigne : le pare-chocs du coude

Objectif : muscler l'avant-bras, qui encaisse les vibrations de la raquette avant qu'elles n'arrivent au coude.

  1. Position : assis, avant-bras posé sur la cuisse ou sur une table, paume vers le haut, une balle souple (ou une vieille balle de tennis) dans la main.
  2. Le mouvement : serrez progressivement, environ 2 secondes pour monter en pression, 2 secondes à fond, puis relâchez complètement pendant 2 secondes. Le relâchement total fait partie de l'exercice, ce n'est pas du temps perdu.
  3. Le détail qui compte : le poignet reste droit et le reste du bras ne bouge pas. Seuls les doigts travaillent.

📋 Dose : 3 séries de 15, 2 à 3 fois par semaine. Vous pouvez le faire devant la télé, c'est même l'idée.

Ce que vous devez sentir : une brûlure diffuse dans tout l'avant-bras en fin de série. Une petite gêne au coude qui s'efface en quelques minutes est acceptable ; une douleur qui reste, non.

🚫 L'erreur classique : serrer le plus fort et le plus vite possible, mâchoires crispées, comme si c'était un concours. On ne cherche pas la force maximale : on cherche à faire travailler l'avant-bras longtemps et proprement. Et si vous serrez à fond en pliant le poignet, vous mettez en tension exactement les tendons du coude que vous essayez de protéger.

  • ☐ Échauffement avant chaque séance de tennis · ☐ Renforcement 2–3 ×/semaine
  • Ne montez pas le volume de balles brutalement

🎯 Objectif de cette étape : coiffe et poigne réveillées.

✅ Feu vert pour passer à l'étape suivante

  • 3 × 15 rotations externes lentes, sans que la serviette tombe et sans que le buste tourne
  • 3 séries de poigne tenues sans gêne persistante au coude
  • Rien qui traîne à l'épaule le lendemain de vos séances

Pas encore ? Vous restez ici. Ce n'est pas du retard : le programme fonctionne comme prévu.

Semaines 3 & 4

Renforcer l'épaule & protéger le coude

Élévation du bras (scaption) Extension du poignet avec haltère

🎾 Le « tennis elbow » (épicondylite) : c'est quoi, exactement ?

Tout le monde emploie ce mot, presque personne ne sait ce qu'il désigne. En clair : les muscles qui relèvent votre poignet et qui vous permettent de serrer fermement la raquette sont logés sur le dessus de l'avant-bras. Ils ne s'attachent pas au coude par un gros tendon épais comme celui du biceps : ils convergent tous vers une seule petite bosse d'os, à l'extérieur du coude. Cette bosse s'appelle l'épicondyle. D'où le nom savant : épicondylite, littéralement « ce qui se passe au niveau de l'épicondyle ».

Ce point d'attache est minuscule, et il reçoit le travail de tout l'avant-bras. Chaque frappe le tire. Cent frappes, ça passe. Des milliers de frappes en deux semaines après trois mois sans jouer, ça ne passe plus : le tendon n'a pas eu le temps de s'adapter, il s'irrite, et il vous le fait savoir sur l'extérieur du coude, surtout en revers, en serrant une main, ou en soulevant une bouteille.

Les deux idées reçues à jeter

  • « C'est une inflammation, il faut du repos. » Le suffixe « -ite » le laisse croire. En réalité, c'est un tendon à qui on a demandé plus qu'il ne savait encaisser. Le repos complet le calme un temps… et le rend encore moins capable d'encaisser au retour. Ce qui répare un tendon, c'est du travail progressif, pas l'arrêt.
  • « Ça n'arrive qu'aux joueurs de tennis. » La plupart des gens qui en souffrent n'ont jamais tenu une raquette : bricoleurs, cuisiniers, personnes qui passent leurs journées à la souris. Le nom est trompeur.

🎯 Ce qu'il faut retenir : ce n'est pas une pièce cassée, c'est un problème de dose. C'est exactement pour ça que ce programme insiste autant sur le volume de jeu : c'est là qu'est le vrai levier, bien avant les exercices.

3️⃣ L'élévation en diagonale (le « scaption ») : l'épaule dans l'angle du service

Objectif : renforcer l'épaule dans la direction exacte où elle travaille au service, sans venir la pincer.

« Scaption » est un mot de salle de sport qui fait peur pour rien. Il vient de l'anglais scapular plane elevation : lever le bras dans le plan de l'omoplate (« scapula », en anatomie, c'est l'omoplate). Traduction : ni devant vous, ni sur le côté. Entre les deux, en diagonale. Votre omoplate n'est pas plaquée à plat dans le dos, elle est un peu orientée vers l'avant : le bras est fait pour monter dans cet axe-là. C'est simplement l'angle où l'épaule est le plus à l'aise.

  1. Position : debout, une petite haltère (ou une bouteille d'eau) dans chaque main, bras le long du corps.
  2. Trouvez l'angle : écartez les bras d'environ 30 à 45° vers l'avant par rapport à vos côtés, comme si vous formiez un Y large avec votre corps. C'est votre couloir, et vous n'en sortirez pas.
  3. Le mouvement : pouces vers le haut (comme si vous faisiez deux auto-stops), montez les bras dans ce couloir jusqu'à hauteur d'épaule, pas plus haut. Puis redescendez lentement. 2 secondes pour monter, 3 pour descendre.
  4. Le détail qui compte : les épaules ne montent pas vers les oreilles. Si elles montent, c'est trop lourd. Toujours.

📋 Dose : 3 séries de 12, 2 à 3 fois par semaine. Commencez très léger (une petite haltère, ou deux bouteilles d'eau). Ce n'est pas un exercice de force, c'est un exercice de contrôle.

Ce que vous devez sentir : le travail sur le dessus et l'arrière de l'épaule, et une vraie fatigue sur les dernières répétitions.

🚫 L'erreur classique : monter au-dessus de l'horizontale en se disant que « plus haut = plus efficace ». C'est l'inverse : passé la hauteur d'épaule, on ne renforce plus grand-chose et on va chercher précisément la zone qu'on cherche à ménager. On s'arrête à l'horizontale. L'autre grand classique : prendre trop lourd et lancer les bras avec un coup de reins. Si vous vous balancez, l'épaule ne travaille plus : l'élan fait tout le boulot à sa place.

4️⃣ L'extension du poignet freinée, la séance préférée de l'avant-bras

Objectif : rendre l'avant-bras capable d'encaisser les frappes, en insistant sur la descente.

  1. Position : assis, avant-bras posé à plat sur une table ou sur la cuisse, paume vers le sol, la main et le poignet dans le vide, au-delà du bord. Un petit poids dans la main.
  2. Le mouvement : relevez le poignet (le dos de la main monte vers le plafond), puis laissez-le redescendre très lentement, en freinant tout du long. 1 seconde pour monter, 4 secondes pour descendre.
  3. Le point capital : l'avant-bras ne décolle jamais de son appui. Seul le poignet bouge. Si le coude se soulève, l'exercice est perdu.

🐢 Pourquoi si lent ? Parce que c'est la descente qui compte. Quand un muscle freine une charge tout en s'allongeant, on appelle ça un travail excentrique. C'est le mot savant que vous croiserez partout, et il veut simplement dire « le muscle retient au lieu de tirer ». C'est exactement ce que fait votre avant-bras quand la balle percute le tamis et repousse la raquette. On l'entraîne donc à faire ce qu'on lui demande vraiment sur le court.

📋 Dose : 3 séries de 12, 2 à 3 fois par semaine. Le poids est ridiculement léger, et c'est normal : le poignet n'a ni la force ni le bras de levier d'une épaule.

Ce que vous devez sentir : le travail sur le dessus de l'avant-bras, entre le coude et le poignet. Des courbatures à cet endroit le lendemain sont normales. Une douleur pointue sur l'os du coude, non : là, on réduit.

🚫 L'erreur classique : laisser la main retomber d'un coup une fois en haut. Le poids redescend tout seul, la série défile vite, on se sent efficace, et on n'a rien travaillé, puisqu'on a supprimé la seule partie utile de l'exercice. Si vous ne devez retenir qu'une chose : ralentissez la descente.

🔍 Soyons honnête sur cet exercice : il est bien étudié pour traiter un tennis elbow déjà installé, mais personne n'a démontré qu'il l'empêche d'apparaître chez un joueur en bonne santé. On le fait parce qu'un avant-bras fort est utile et sans risque, pas parce que ce serait un vaccin. Le vrai vaccin, c'est le dosage du volume de jeu.

🎯 Objectif de cette étape : épaule et coude prêts à encaisser les séries.

✅ Feu vert pour passer à l'étape suivante

  • 3 × 12 en scaption jusqu'à l'horizontale, épaules basses, sans balancer le corps
  • 3 × 12 d'extension du poignet avec une descente vraiment freinée (comptez les 4 secondes)
  • Rien qui traîne le lendemain, ni à l'épaule ni au coude

Semaines 5 & 6

Stabiliser les appuis & dynamiser

Équilibre sur une jambe Tirage (rowing) pour le haut du dos

5️⃣ L'équilibre sur une jambe : la cheville qui ne se laisse pas surprendre

Objectif : réapprendre à la cheville à se rattraper toute seule, avant même que vous ayez le temps d'y penser.

  1. Position : pieds nus (ce n'est pas un détail : la semelle d'une chaussure de tennis fait une partie du travail à votre place et vide l'exercice de son intérêt). Debout sur une jambe, genou légèrement fléchi, jamais verrouillé. L'autre pied décollé, sans le caler contre la jambe d'appui. Un mur à portée de main les premières fois.
  2. Niveau 1 : tenez 30 secondes, yeux ouverts, le regard posé sur un point fixe devant vous. Quand c'est facile (vraiment facile, pas « à peu près »), passez au niveau 2.
  3. Niveau 2 : la même chose, yeux fermés. Vous allez vaciller beaucoup plus que vous ne l'imaginez : c'est précisément l'exercice. En fermant les yeux, vous coupez la vue, et la cheville doit se débrouiller seule.
  4. Niveau 3 (spécial tennis) : yeux ouverts, mais faites-vous lancer une balle (ou envoyez-la contre un mur et rattrapez-la) pendant que vous tenez sur une jambe. C'est ça, le tennis : tenir son équilibre pendant que l'attention est ailleurs.

🧠 Ce que vous entraînez vraiment (la « proprioception ») : votre cheville est truffée de minuscules capteurs qui renseignent le cerveau, en permanence, sur sa position exacte. Ce sens-là porte un nom : la proprioception, littéralement « percevoir sa propre position ». C'est lui qui vous permet de savoir où est votre pied sans le regarder. Sur un appui qui dérape ou un changement de direction, votre cheville n'a pas le temps d'attendre une décision consciente : elle doit se rattraper en une fraction de seconde, en réflexe. Ce réflexe s'entraîne. C'est exactement ce que vous faites en tremblotant sur une jambe, les yeux fermés, dans votre salon.

📋 Dose : 3 × 30 secondes par jambe, 2 à 3 fois par semaine. Y compris sur la jambe « qui va bien » : c'est elle, votre point de comparaison.

Ce que vous devez sentir : le pied qui travaille sans arrêt, les orteils qui s'agrippent, des micro-corrections continues. Une fatigue dans le mollet et sous la plante du pied à la fin. Vaciller, c'est réussir, pas rater.

🚫 L'erreur classique : rester au niveau 1 pendant six semaines parce qu'on le réussit. Un exercice d'équilibre que vous réussissez sans effort ne vous entraîne plus : dès que c'est confortable, vous fermez les yeux. Sinon, vous perdez votre temps. L'autre erreur, plus discrète : le faire en chaussures, sur un tapis moelleux, avec deux doigts posés sur le mur « juste au cas où ».

6️⃣ Le tirage (« rowing »), le contrepoids du service

Objectif : renforcer le haut du dos et les muscles qui tiennent l'omoplate, le socle sur lequel votre épaule est posée.

Le tennis vous tire vers l'avant : on frappe devant, on sert devant, les épaules se referment. Le tirage fait exactement l'inverse. Et il y a une raison mécanique de le faire ici : votre épaule repose sur votre omoplate. Si l'omoplate n'est pas tenue, vous avez une épaule posée sur une base qui bouge, et la coiffe travaille alors dans le vide. On stabilise le socle avant de demander de la puissance au bras.

  1. Position : élastique fixé devant vous, à hauteur de poitrine (poignée de fenêtre, rampe). Une extrémité dans chaque main, bras tendus devant. Reculez jusqu'à ce que l'élastique soit déjà légèrement tendu. Genoux souples, dos droit.
  2. Le mouvement : tirez les coudes vers l'arrière, le long du corps, comme si vous donniez deux coups de coude derrière vous. En fin de geste, serrez les omoplates l'une vers l'autre : imaginez que vous coincez un crayon entre les deux.
  3. Le retour : laissez revenir lentement, en retenant l'élastique. 2 secondes pour tirer, 3 pour revenir.
  4. Le détail qui compte : les épaules restent basses, loin des oreilles, pendant tout le mouvement.

📋 Dose : 3 séries de 12, 2 à 3 fois par semaine.

Ce que vous devez sentir : le travail entre les omoplates et sur les côtés du dos. Pas dans le cou, pas dans le bas du dos.

🚫 L'erreur classique : tirer avec tout le corps. On recule le buste, on hausse les épaules, on tire à la force des bras, et le haut du dos, la seule cible, ne fait rien. Le repère est simple : si votre tronc bouge, l'élastique est trop dur. Restez immobile, seuls les bras travaillent.

✅ Feu vert (prêt pour la saison)

  • Enchaîner les services sans épaule douloureuse
  • Tenir l'équilibre yeux fermés sur une jambe
  • Finir un match sans coude qui chauffe

📆 Votre plan à cocher & votre journal

Le plan à cocher, et un journal pour suivre épaule/coude et le volume de jeu.

Le plan des 6 semaines

  • S1–2 : réveiller la coiffe + la poigne (rotations douces, serrage)
  • S3–4 : épaule & coude prêts (rotation externe, tirage/omoplate, extension du poignet)
  • S5–6 : équilibre & appuis + reprise progressive des matchs

📓 Votre journal de suivi

Notez chaque semaine. Surveillez épaule/coude quand le volume de matchs augmente.

SemaineGêne épaule/coude /10Séances renfoMatchs / heuresRessenti
S1    
S2    
S3    
S4    
S5    
S6    

(Dans le PDF, ce tableau est imprimable.)

Vos questions fréquentes ❓

Comment éviter le « tennis elbow » ?

Le levier le mieux démontré, c'est le volume : une hausse brutale de la charge de jeu est le premier facteur de blessure chez le joueur de tennis. Ensuite, le matériel : un grip à la taille de votre main a fait passer le tennis elbow de 14 % à 6 % chez de jeunes joueurs. Le renforcement de l'avant-bras est utile et sain, mais il n'a jamais été prouvé qu'il prévient le tennis elbow chez quelqu'un qui n'en a pas. Ne comptez pas dessus pour absorber une reprise trop rapide.

Mon épaule me tire au service ?

On renforce la coiffe et l'omoplate (rotation externe, tirages) et on dose les services. Si ça persiste, voir le programme épaule.

La muscu, utile pour le tennis ?

Oui : elle protège des blessures de répétition (épaule, coude) et rend les appuis plus solides.

Combien de matchs par semaine ?

Gérez le volume (le facteur n°1) : augmentez progressivement, et méfiez-vous des semaines où vous enchaînez tout d'un coup.

L'échauffement est-il obligatoire ?

Oui : on ne sert jamais fort à froid. Une montée en frappes progressive protège l'épaule et le coude.

Le facteur n°1 : le volume 📈

Pour tenir toute la saison 🛡️

📚 Les sources de cette page

Tout ce qui est affirmé ici s'appuie sur ces travaux, les plus récents et les plus solides disponibles. Vous pouvez les vérifier vous-même.

Dernière vérification des sources : juillet 2026.

Encore sur le court en fin de saison

Le programme complet en PDF : coiffe, avant-bras, appuis semaine par semaine, échauffement et dosage.

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Programme éducatif à visée informative et de prévention. Il ne constitue pas un diagnostic ni un traitement personnalisé, et ne remplace pas une consultation.