Conseils — Os
Fracture de fatigue : l'os qui sature
Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Lecture 4 min
Une microfissure de surcharge
La fracture de fatigue (ou de stress) n'est pas une « vraie » fracture par accident : c'est une microfissure de l'os apparue à force de répétitions, quand la charge dépasse la capacité de l'os à se réparer. Typique du coureur qui a monté trop vite : une douleur osseuse de plus en plus précise (on peut poser le doigt dessus), qui persiste et s'aggrave à l'effort, parfois même au repos ou la nuit. Ça se soigne bien, mais il ne faut pas « courir à travers ».
Douleur de jambe/pied à la course ? Le bon repère
- 📍 Point OSSEUX précis, persiste au repos → fracture de fatigue (cet article).
- 📍 Douleur diffuse le long du tibia → périostite.
- 📍 Tension à un seuil d'effort, cède au repos → syndrome des loges.
- 📍 Sous le talon, premiers pas du matin → fasciite plantaire.
Ce que dit la science (à jour)
Le principe de base est le repos relatif « sans douleur » avec une reprise graduée et individualisée : on retire l'activité qui fait mal, on garde une activité à faible impact (vélo, natation, aquajogging) pour ne pas se déconditionner, puis on réintroduit progressivement. Les petites lésions se gèrent en quelques semaines ; les fractures avérées ou à haut risque peuvent demander plusieurs mois et une décharge. Les critères de reprise : plus aucune douleur au quotidien, plus de point douloureux, cicatrisation, et correction des causes (progression trop rapide, mais aussi nutrition, densité osseuse, équilibre hormonal, ce qu'on appelle le « RED-S »).
Quoi faire, concrètement
Arrêtez l'activité douloureuse et remplacez par du sans-impact. Ne « poussez » pas à travers la douleur osseuse.
Reprenez très progressivement, guidé par l'absence de douleur, en renforçant les muscles autour.
Traitez la cause : dosage d'entraînement, chaussures/surfaces, et santé osseuse (apports énergétiques, calcium, vitamine D), un point capital chez les sportives.
🚩 Quand consulter
Douleur osseuse localisée qui persiste : consultez pour confirmer (l'IRM détecte tôt) et écarter une localisation à haut risque (col du fémur, tibia antérieur, scaphoïde du pied) qui demande une prise en charge particulière.
L'os prévient avant de céder. Une douleur osseuse précise, on l'écoute tôt. Et on répare la cause, pas seulement la fissure.