Conseils — Pouce & main
Rhizarthrose : l'arthrose de la base du pouce
Par Matthieu Kelhetter, kinésithérapeute du sport · Lecture 3 min
L'articulation la plus sollicitée de la main
La rhizarthrose est l'arthrose de l'articulation à la base du pouce (trapézo-métacarpienne). Très fréquente, surtout chez la femme après 50 ans, elle donne une douleur en pinçant, en tournant une clé ou un bouchon, en ouvrant un bocal — parce que cette articulation encaisse d'énormes contraintes à chaque pince. La bonne nouvelle : bien accompagnée, elle reste très compatible avec une main fonctionnelle.
Mal à la main / au poignet ? Le bon repère
- 📍 Base du pouce douloureuse en pinçant, +50 ans → rhizarthrose (cet article).
- 📍 Base du pouce, côté poignet, tendons → De Quervain.
- 📍 Doigt qui accroche / se bloque → doigt à ressaut.
- 📍 Fourmillements pouce-index-majeur, la nuit → canal carpien.
Les idées reçues
« Il faut arrêter d'utiliser le pouce. » Non : on adapte les prises, on ne cesse pas d'utiliser la main (qui s'enraidit sinon).
« Il faudra forcément opérer. » La chirurgie existe et donne de bons résultats, mais beaucoup se gèrent longtemps sans, avec orthèse et adaptations.
Quoi faire, concrètement
Une orthèse de repos du pouce (surtout la nuit ou pour les tâches lourdes) soulage nettement les poussées douloureuses.
L'économie articulaire : gros manches (couverts, stylos, outils), ouvre-bocal, éviter les pinces fines répétées et prolongées. De petits changements, un grand soulagement.
Renforcez en douceur les muscles qui stabilisent le pouce : une base de pouce mieux tenue fait moins mal.
🚩 Quand parler chirurgie
Douleur qui devient permanente, déformation gênante, main qui perd sa fonction malgré orthèse et adaptations : un avis chirurgical (trapézectomie…) peut alors se discuter.
On n'arrête pas d'utiliser sa main : on l'utilise plus malin. Orthèse, gros manches, renforcement — et le pouce se fait oublier.